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Histoire

Gries et le village disparu de Wilre

Plan de situation de Wilre
Plan de situation de Wilre

C’est sur des alluvions anciennes plus ou moins sableuses qu’était situé le village disparu de "Wilre", à une altitude moyenne de 133 m.

Depuis 1937, nous avons pu étudier le site de ce village. Quelques milliers d’objets médiévaux ont été récoltés à la surface du sol. D’après ces trouvailles moyenâgeuses, Wilre se trouve, selon le plan cadastral de 1923 de la commune de Gries, dans la section 38 au lieu-dit "In den Weilergärten", s’étendant sur une surface mesurant environ 250 m d’ouest en est et au moins 150 m du nord au sud.

Mais la preuve indubitable de l’existence d’un village disparu en ces lieux a été fournie lors du creusement d’une tranchée rectiligne d’est en ouest, large de 1 m, qui, sur une longueur de 212 m environ, a coupé des soubassements de maisons ou de cabanes. Ces restes de bâtiments se trouvent, d’après le plan cadastral de 1929, dans la section 38, au lieu-dit "In der Stallmatt" et dans la section 39, au lieu-dit "In den Weilergärten", immédiatement à l’est de l’ancienne tuilerie Heusch, entre le chemin vicinal Kurtzenhouse-Bischwiller et le chemin rural dit Märzgasse.

Le nom "GRIES"

L'ancienne chapelle de Gries
cliquez pour agrandir l'image L'ancienne chapelle de Gries

Lors de fouilles faites de part et d’autre de la route de Gries-Marienthal, 5 tumulus, c’est à dire des tertres funéraires, ont été mis à jour, ainsi qu’une trentaine d’objets et outils datant du néolithique (âge de la pierre polie), tous exposés au musée historique de Haguenau.

Ces découvertes prouvent que des hommes ont vécu dans notre région, bien longtemps avant le premier document daté du 13 mars 826, qui cite pour la première fois notre village sous le nom de "Gerareshusa". En 830, ce même village est appelé "Gerireshusa".

D’après le pasteur Guggenbühl, cette dénomination viendrait du prénom "Gerhard". Le nom du village serait donc : "Gerhardshausen", ce qui permet de penser qu’il aurait été la propriété d’un "Gerhard", personnage dont l’identité n’a pas encore été découverte.

Dans un document de 974, nous lisons déjà le nom de "Grioz" qui ressemble davantage au nom actuel de notre village. Comment comprendre ce changement ? Le pasteur Guggenbühl l’explique de la façon suivante : très vite le suffixe "hausen" de "Gerireshausen" a été abandonné, donnant ainsi "Gerires", mot transformé au cours des années en "Grioz", puis en "Griez" et enfin en "Gries". Il refuse catégoriquement l’idée qui ferait dériver le nom du village des mots allemands par la présence de terres sablonneuses à Gries. De même nie-t-il la thèse, selon laquelle "grioz" serait composé du mot celte "cré", qui signifie terre et de "ait", endroit.

Le blason de Gries

Durant plusieurs années, le blason de Gries avec des grives ou des merles a été utilisé par erreur. Le Département a fait faire des recherches plus approfondies sur les armoiries des communes, après quoi quelques rectifications ont été faites, dont celles de Gries.

Conformément à l’Armorial, le blasonnement doit être : "d’or à trois grues de sable tenant chacune dans sa griffe une vigilance de gueules."

Les guerres

Restaurant au raisin à Gries
cliquez pour agrandir l'image Restaurant au raisin
à Gries

Propriété des Landgraves de Basse Alsace jusqu’en 1332, la localité passa ensuite aux Lichtenberg puis aux Bitche-deux-Ponts avant d’appartenir aux Hanau-Lichtenberg qui ont introduit la Réforme et là, le village est devenu protestant.

En 1622, Gries fut totalement détruit par les troupes de Mansfeld pendant la Guerre de Trente Ans, mais les habitants avaient trouvé refuge à Strasbourg.

Trois incorporés de force de Gries...
cliquez pour agrandir l'image Trois incorporés de force de Gries...

Puis, des émigrés suisses se sont implantés dans la commune. Les Hesse-Darmstad furent les derniers maîtres du village de 1736, jusqu’à la Révolution. Ils contribuèrent considérablement à son développement. Au sud-est du village se trouve une motte, seul témoin d’un ancien château, résidence de l’évêque de Strasbourg, qui reste occupé jusqu’à la fin du XVème siècle, période de sa destruction.

Depuis la dernière guerre, Gries a, petit à petit, perdu son caractère agricole au profit du développement de sa fonction résidentielle.